Jeune provinciale débarquée à Paris, jeune mariée, jeune débutante dans le monde du travail, jeune écrivain talentueuse (mouais peut-être), mais surtout jeune fille comme il y en a tant d'autres, voici enfin mon espace pour déverser mes humeurs, non sans humour
Râleur impénitent, je t’entends déjà d’ici en train de bougonner : « bouh, elle va dire du mal des personnes âgées, bouh, c’est maaaal… ». Oui, je sais, c’est pas bien de dire du mal des vieux, pas politiquement correct, toussa toussa, mais tu sais quoi, je m’en balance.
D’une parce qu’on entre ici avec son second degré (au minimum), et que le politiquement correct, y a des jours où je m’en bats les cacahuètes, mais graaaave ! C’est pas le blog de Barbie-fée-du-logis ici, et puis d’abord, c’est mon blog et je dis ce que je veux, nah !
Et de deux, parce que je n’ai rien contre les petits vieux (en général) (enfin, sauf quand ils me font chier à rouler à 15km/h et mettent 20 plombes à tourner à gauche), mais juste contre cette vieille-là.
Mais avant tout, remettons les choses en contexte :
Ma dernière semaine de vacances, il y a déjà maintenant trop longtemps, je l’ai passée entre les routes de Bretagne en moto, Nantes où on a retrouvé les copains pour des restos ou un verre à la terrasse d’un café et mes Deux-Chèvres natales où entre les vendanges et la découverte de l’aquabike, Loulou et moi avons célébré notre premier anniversaire de mariage en petit comité.
Autant te dire que ça me faisait grave, mais grave chier de revenir en région parisienne et de reprendre le boulot…
Au boulot justement, suite à l’absence d’un collègue, on me demande de remplir une mission dans une autre ville.
La ville dont moi je m’occupe, c’est plutôt les petits oiseaux, les petites fleurs, des coins bien sympas, des gens tranquilles. Pas la ville des Bisounours, faut pas déconner non plus, mais c’est plutôt calme. Presqu’on se croirait à la campagne dis donc. Celle où je m’apprête à me rendre est au contraire tristement connue pour ses faits divers. Je m’enquiers auprès de mon collègue de savoir s’il s’agit d’un quartier « chaud ». Nan ça va, qu’il me répond. Me voilà rassurée.
Je dois me rendre dans un immeuble et tenter de résoudre un problème avec le gardien dont on n’a ni les coordonnées, ni l’adresse de la loge.
Bon.
En même temps, c’est le quotidien, je le trouverai bien, no souçaille. Arrivée devant la porte de l’immeuble, pas de gardien. Pas de loge. Un code porte. Donc pas d’accès.
Par chance, l’une des locataires se trouve justement dans le hall d’entrée. Je toque à la porte pour qu’elle m’ouvre. Affairée à sa boîte aux lettres, elle ne m’entend pas. Je toque une seconde fois. Toujours aucune réaction. C’est une personne assez âgée, elle ne m’a peut-être pas entendue, je toque une troisième fois, un peu plus fort. Elle lève la tête me regarde et me dit derrière la vitre : « c’est bon, j’arrive, vous pouvez attendre un peu, non ! ».
Bon.
Quand elle m’ouvre enfin la porte, je lui présente mes excuses en lui expliquant que je pensais qu’elle ne m’avait pas entendu. Elle s’en fout royalement et me tourne le dos pour se regarder dans le miroir de l’entrée, mettre son chapeau et ses lunettes.
Bon.
J’en profite quand même au passage pour lui demander si elle sait où je peux trouver le gardien. Et là, et la, elle explose : « foutez-moi la paix, je veux rien savoir. »
Elle a du me prendre pour une démarcheuse à domicile, pourtant vu mon look gilet jaune/chaussures de sécurité, difficile de me prendre pour une commerciale ; il manque un peu la valisette, le catalogue de produits et le tailleur qui va bien.
Elle a vraiment pas l’air commode la mamie, je lui explique donc gentiment que je ne lui veux rien, que je cherche simplement le gardien.
« Laissez-moi tranquille, j’ai rien à vous dire. »
Moi (toujours calme) : je cherche juste le gardien je vous laisse tranquille après.
« Je suis pas concierge vous allez me foutre la paix à la fin. »
Moi (je commence à m’irriter un peu, j’ai mes limites quand même) : Non mais dites-donc vous pourriez être aimable quand même !
« Je suis pas concierge, je veux pas vous parler. »
Moi (elle me tape vraiment sur les nerfs la vieille là !) : « je suis polie et correcte avec vous, vous pourriez en faire autant. Nan mais c’est dingue ça ! »
« Allez vous faire foutre ! »
Voilà.
Tout est dit. On est bien loin de l’image de la gentille mamie souriante et un peu gâteuse. Là, c’est plutôt Tatie Danielle croisée pitbull (et encore, les pitbulls c’est sympa). Elle s’est barrée, heureusement car je commençais à avoir les pétoches. J’ai bien cru que j’allais finir avec un coup de canne ou de sac à main dans la gueule !
En même temps, c’est ma faute aussi. Je l’ai bien cherché, faut dire. Mais quelle idée de lui demander où se trouvait le gardien. Je pouvais pas la laisser tranquille. Non mais, ces jeunes vraiment, y a plus aucun respect. Franchement, hein !
Oui enfin, c’est pas non plus comme si je l’avais abordée en lui disant : « Hey Mamie, wesh wesh ! Vas-y la vieille raboule ton keus ou j’te défonce ! »
Mon collègue ne m’avait pas prévenue. Je me suis pointée là en pensant devoir me méfier des gangs, on m’avait pas dit qu’il fallait plutôt avoir peur des mamies hargneuses…