Jeune provinciale débarquée à Paris, jeune mariée, jeune débutante dans le monde du travail, jeune écrivain talentueuse (mouais peut-être), mais surtout jeune fille comme il y en a tant d'autres, voici enfin mon espace pour déverser mes humeurs, non sans humour
La semaine dernière, je prends une heure sur mon travail pour aller donner mon sang. J’ai donc bien déjeuné mais quand on arrive avec Loulou, je vois ces pâtes de fruits qui me font de l’œil et goinfre que je suis je peux pas m’empêcher d’en prendre deux.
La bouche pleine j’ai un peu de mal à articuler mon nom à l’abruti à l’accueil qui non content de n’avoir aucun sens de l’humour (c’est comme ça, les gens qui comprennent pas mes blagues de merde c’est qu’ils n’ont pas d’humour) insiste pour me dire que c’est pas possible que j’aie gardé mon nom de jeune fille. Abruti, c’est bien ce que je disais.
J’aperçois ça :
et je pense à Colinette qui m’a très gentiment envoyé ça :
parce que je chouinais pour pas changer que j’en avais pas eu lors de mon premier don. J’avais juste eu droit à un t-shirt XXL blanc…
Le médecin vient me chercher mais me fait d’abord monter sur la balance, alors que ça se voit quand même que je fais plus de 50 kilos. Je sais pas si je dois être flattée qu’elle ait pu le croire ou être vexée du poids qui s’est réellement affiché ! J’en fais tomber ma dernière pâte de fruit. En plus elle était au citron…
Consultation ordinaire avec le médecin que j’ai un peu de mal à comprendre avec son accent (russe ?). Elle me demande où je suis allée récemment à l’étranger. Quand je lui réponds Egypte et Nouvelle-Zélande, elle me dit non. Autres pays où vous êtes allée. Je réponds Etats-Unis, Suède… et là elle me coupe en disant : non pas Europe et me baragouine un truc genre « testée pour le palu ». Je lui dis que non, j’ai jamais été testée ni vaccinée contre le paludisme.
Elle me dit que si, c’est eux qui m’ont testée la dernière fois que je suis venue. Dialogue de sourds ! Elle veut donc savoir où je suis allée. Je lui fais la liste de tous les pays où je suis allée, mais non y a rien qui va. Et là, oui là, ça me revient. Sache donc, qu’on peut te faire chier pour une escale à l’aéroport de Bangkok il y a plus d’un an alors que tu n’es pas sortie de l’aéroport et que tu n’as jamais visité la Thaïlande de toute ta vie !
Elle me laisse partir et m’envoie au combat sur un brancard pour me faire prélever. Devant ma mine déconfite (rapport à la pâte de fruit tombée par terre), Loulou m’en ramène une et quand l’infirmière s’intéresse à moi, c’est pour s’en offusquer : mais, c’est que vous n’avez pas mangé ce midi ? (gros yeux en sus) Euh bah si, j’ai même bien mangé, mais je suis gourmande. Regard perplexe. M’en fout !
Je m’interroge quand même sur le fait que je voie moins de monde se présenter ici au don du sang que dans ma petite campagne où il y a 25 fois moins d’habitants (j’ai compté, hein). Elle me répond que là, ça va, y a un peu de monde. Ah…
Quand je lui dis que je viens sur mon temps de travail, elle m’explique que les fonctionnaires de préfectures, eux, ont droit à leur après-midi entière et qu’ils en profitent bien souvent pour prendre tout plein de rendez-vous et qu’en général, ils gueulent très fort quand ils se font refouler puisqu’ils doivent alors retourner travailler. J’hallucine un peu quand même à ce moment-là.
Je vois tout le monde arriver après moi et repartir. Mon débit est plutôt faible. Pourtant je pompe comme je peux. Loulou a eu le temps de donner et même de manger sa collation que je n’ai toujours pas fini. Ca y est, c’est la fin, elle m’ôte mon aiguille et me met un pansement. Et là, un gros gros coup de chaud. Je me sens pas bien, d’un seul coup d’un seul.
Tu ressors même de là avec une blessure de guerre,
c'est intense quand même le don du sang !
Appel d’un homme à la rescousse et ils me mettent les jambes en l’air ! J’te jure, les brancards ils sont équipés pour et tout ! Ca va tout de suite mieux. J’attends quelques minutes et lui demande de partir. Non non, vous restez au moins 10 minutes ici.
Putain, 10 minutes, les jambes en l'air ça va être long, j’aurais dû emmener de la lecture… 10 minutes plus tard : je peux y aller. C’est pas tout ça, mais en plus de Loulou qui m’attend depuis tout ce temps et de l’horodateur qui défile, faudrait peut-être que je retourne travailler, là ! Apparemment, je suis toujours blanche (sans déconner) et on fait venir le médecin pour me prendre la tension. Le médecin veut pas me laisser partir. Arrrrggg. Nan mais ça va, là !
Il faudra que j’attende encore 10 minutes supplémentaires pour qu’on me laisse (enfin) regagner la collation. Y a des pépitos et depuis le temps que j’en ai pas mangé, crois-moi, je me rattrape bien.
Etant les derniers (depuis le temps, tu penses bien), on nous offre les sandwiches au saucisson qui sinon seraient jetés. On m’offre aussi une rose, puis deux, puis trois, puis quatre (je crois qu’ils seraient aussi obligés de les jeter).
Bilan de l’opération : une heure et demi pour donner mon sang, ça y est, je peux retourner travailler. Et tu le croiras ou pas, mais il m’a sacrément fatigué celui-là. Faut pas le dire trop fort, mais en fait le médecin et l’infirmière avaient raison de me faire patienter. Le travail, j’ai jamais vraiment réussi à me remettre dedans. Mais c’est certainement pas cette petite baisse de régime qui m’empêchera d’y retourner la prochaine fois.
Nan parce que tu comprends bien, même si j’écris sur le ton de la blague, mon sang je le donne dès que je peux. Une heure de mon temps quelques fois par an, c’est pas bien compliqué. Je trouve qu’on n’est d’ailleurs pas assez sensibilisé, j’en veux pour preuve le peu de participants.
Alors en dehors de tous ceux qui ne peuvent pas pour diverses raisons, il y a aussi tous ceux qui ne savent pas et qui sont mal informés ou mal accompagnés. Alors s’il te plaît, si t’es en bonne santé et que tu n’as pas (trop) peur des aiguilles, essaie d’aller donner. Ne serait-ce qu’une fois, pour voir ce que ça donne. Tu verras, c'est pas si terrible !