Jeune provinciale débarquée à Paris, jeune mariée, jeune débutante dans le monde du travail, jeune écrivain talentueuse (mouais peut-être), mais surtout jeune fille comme il y en a tant d'autres, voici enfin mon espace pour déverser mes humeurs, non sans humour
Nan nan, je m’énerve pas. Promis. ‘fin si, un chouilla quand même.
Que je t’explique.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, on a essayé de me voler mon scooter. Déjà, j’étais hyper furax contre les enfoirés qui s’en sont pris à mon pauvre petit scoot sans défense (accessoirement, mon outil de travail). Voui, comme je t’en avais déjà parlé, j’ai un scoot de fonction, moi, Monsieur. Ou Madame, hein, j’suis pas misogyne. Ou Mademoiselle. Bref, on s’en fout.
Au passage, tu te rappelles que j’ai demandé au Père-Noël de réduire le nombre de cons sur Terre. Il ferait bien de se manier le cul un peu le vieux barbu. Surtout qu’il y a du boulot…
Donc j’étais déjà pas très contente d’avoir découvert mon scoot dans cet état (le pauvre), mais ce qui m’a le plus enragé, c’est la façon dont ça s’est passé APRÈS. Parce que si, quand je te dis que ça s’est passé dans la nuit de mercredi à jeudi, tu crois que c’était la nuit dernière tu te mets le doigt dans l’œil bien profond fourvoies monumentalement.
C’était il y a une semaine déjà.
Et je n’ai toujours pas pu porter plainte.
Et l’expert n’est toujours pas passé.
Et les réparations ne sont toujours pas engagées.
En gros il s’est quasiment rien passé depuis la semaine dernière. Et c’est pourtant pas faute d’avoir bougé mon gros cul pour essayer de décanter un peu la situation.
Jeudi matin donc, je découvre avec effroi qu’on a arraché les manchons de mon scoot, qu’on a mis de la terre partout sur la selle, les manchons, le tablier. Et que le guidon était complètement tordu, plus dans l’axe de la roue car forcé. On avait essayé de me le voler. Mais en plus d’être des gros porcs, les voleurs étaient aussi des abrutis puisqu’ils n’ont même pas réussi. Dans un sens ça m’aurait presque arrangé. Ca aurait été moins compliqué au niveau des démarches.
J’appelle mon chef pour dire que je serai en retard et que je viendrai avec ma voiture perso. Puis je me rappelle que non, je peux pas la prendre non plus. Un abruti m’a arraché ma plaque d’immat, je pouvais pas rouler comme ça, sans qu’on la refixe. Je commençais vraiment à en avoir ma claque des connards à ce moment-là.
Avant que tu ne t’énerves sur la taille de mon récit, oui, je sais, c’est un peu long, mais pourtant dis-toi bien que tu as de la chance, je te fais la version courte là ! Mais promis, j’essaie d’abréger un peu.
Personne au boulot pour venir me chercher chez moi. Seul Loulou peut jouer les taxis, mais pas avant 10h. Me voilà donc partie à glander en attendant de pouvoir (enfin) aller travailler. Dire que j’aurais pu dormir plus longtemps…
Ce qu’il reste de ma matinée de travail va se passer à faire remorquer le scoot jusqu’au garage. Bah tu crois quand même pas que je vais conduire un scoot que, quand la roue est droite, le guidon est complétement décalé vers la droite. Je suis pas folle, hein. Enfin pas trop. Enfin pas encore plutôt, car cette histoire m’a rendue un peu chèvre.
Je décide donc d’aller au commissariat porter plainte l’après-midi même. C’est pas comme si j’avais du travail en plus. Même si je suis fonctionnaire, hein, j’ai un peu de boulot quand même !
Au commissariat, ils veulent pas prendre ma déposition. Bon parce que vous comprenez, il aurait fallu nous appeler sur le lieu de l’infraction, blablabla, constater les dégâts sur place, blablabla, ou nous l’apporter ici (connard, je pouvais pas rouler avec…), blablabla, parce qu’on ne constate pas en garage, blablabla ou maintenant attendre d’avoir fait les réparations, blablabla, parce qu’en plus on pourra chiffrer les dégâts comme ça.
OK, bah on va faire comme ça. Faire réparer, puis je reviendrai après.
Le lendemain matin (vendredi donc, si tu suis), mon chef me dit que l’expert ne veut pas passer sans avoir un document de la Police et tant que l’expert ne passe pas, bah on peut pas lancer les réparations. Et sans la facture des réparations, je peux pas porter plainte. Et si je porte pas plainte, l’expert, passera pas. Bref, t’as saisi le truc, et tu comprends pourquoi je suis un tantinet énervée depuis une semaine.
L’administration française me fait penser à un puits sans fond, un labyrinthe sans sortie. J’avais vraiment l’impression de me balader dans la maison qui rend fou des 12 travaux d’Astérix.
Et encore plus quand, après avoir décidé avec mon chef, non pas de déposer plainte, mais seulement une main courante histoire d’avoir un document officiel, je me suis encore fait jeter par la Police.
Pour un cas comme ça, c’est pas une main courante, mais bien une plainte qu’il faut déposer qu’il me dit l’officier. Bah oui, mais puisque je vous dis que votre collègue hier, il a pas voulu parce qu’il voulait pas bouger son séant constater l’infraction au garage.
Il y avait du mieux quand même puisque celui-ci me dit que même si c’est pas la procédure normale, ok, pour cette fois, ils vont le faire. Bah voilà, quand vous voulez ! Je lui donne l’adresse du garage et là : « ah mais non, là ça va pas être possible. Le garage est pas sur notre commune, faut voir avec la police de X où se trouve le scoot ».
Arrrrrrrrrrrrrggggggggggggg, je vais m’arracher les cheveux !
Marre de me déplacer, j’appelle le commissariat de X qui comprend pas bien pourquoi on m’a renvoyée chez eux. Je réexplique tout. Il me dit qu’il va voir et me rappeler.
J’attends toujours…
Si les démarches administratives étaient un diagramme...
Début de semaine en formation, je n’ai repris le travail que ce matin. Donc c’était en stand by depuis vendredi, pour autant personne ne m’a rappelée. Je rappelle donc, encore une fois. Evidemment je tombe encore sur une autre personne. Evidemment, faut que je réexplique encore tout depuis le début. Evidemment, elle ne peut envoyer personne sur place… Un peu embêtée, elle me conseille d’aller prendre une photo et de retenter de porter plainte avec ça.
Finalement, très embêtée par mon histoire, elle me rappelle (j’étais en train de conduire pendant que je parlais à la Police) (je sais je suis une rebelle !) (oui mais pas trop quand même, me suis arrêtée dès que j’ai pu) quelques heures plus tard pour me dire qu’elle a une patrouille disponible de suite. Nous sommes entre 12h et 14h, le garage est fermé… A 14h, ils changent d’équipes, pas sûr qu’une patrouille puisse se déplacer mais elle passe le relai et on va me rappeler pour me tenir au courant quoiqu’il arrive.
Alléluia !!!
Je passe l’après-midi le téléphone vissé à la main dans l’attente d’un appel, ne pouvant pas engager de travaux importants puisque je risque d’être appelée à tout moment par la Police et je dois me tenir prête à aller sur place.
16h30. Toujours pas de nouvelles...
J’ai le droit de crier encore. Après tout, c’est mon blog, je fais ce que je veux :
AAAAAAAARRRRRRRRRGGGGGGGGGGGGGG !
Je rappelle le commissariat. Tombe encore sur une autre personne. Il me demande si je suis sur place. Nan, mais je peux y être dans 20 minutes. Ah oui, qu’il me dit, mais dans 20 minutes, ma patrouille sera peut-être ou peut-être pas partie en mission. Alors je peux pas vous dire de vous déplacer alors que je ne suis pas sûre de pouvoir vous envoyer quelqu’un.
Moi : D’accord. Et vous pouvez pas constater sans moi.
Lui : Ah bein non, faut que vous soyez là aussi.
Moi : Bah on fait comment là ?
Lui : Ah mais, j’ai pas de solution.
Moi : … (note que c’est toujours mieux que « merde, allez tous vous faire foutre bande d’enculés »)
Petit aparté pour te rappeler que j’avais déjà parlé de la Police pleine de malice ici.
Bref, je décide d’y aller en croisant les doigts pour que les Policiers soient dispos au moment où j’y serai.
Le sac de nœuds commence à se défaire, ils ont pu venir, on a pu constater et demain matin, je retourne au commissariat pour ENFIN déposer plainte.
Ensuite, il n’y aura plus qu’à faire venir l’expert, commander les pièces et entamer les réparations. Youpi !
Sauf que je suis en congés demain midi pendant une semaine. A mon retour, le garage sera fermé pour deux semaines…
Autant dire que je suis pas prête de retrouver mon scoot chéri.
Entre ça et la formation, sans compter que je n’ai plus de moyen de locomotion, tu l’auras compris, je t’explique même pas à quel point j’avance dans mon travail…
Vive l’administration française !