Jeune provinciale débarquée à Paris, jeune mariée, jeune débutante dans le monde du travail, jeune écrivain talentueuse (mouais peut-être), mais surtout jeune fille comme il y en a tant d'autres, voici enfin mon espace pour déverser mes humeurs, non sans humour
Je ne vais pas te gâcher le suspense, je te donne la réponse tout de suite : je ne verrai jamais les catacombes de Paris parce que le sort s’acharne. Rien à voir avec la peur ou une phobie quelconque.
Cela étant dit, tu peux retourner à une activité normale. Ou continuer la lecture, puisque si tu es venu jusqu’ici, c’est quand même pour lire un peu, nan ?
Donc.
Ca fait des mois qu’on veut aller les voir avec ma sœur et à chaque fois qu’elle et son mec viennent nous rendre visite, il y a toujours quelque chose qui nous en empêche.
La première fois, le site Internet nous disait que c’était fermé pendant l’hiver. On s’est donc dit qu’on ferait ça lorsque les beaux jours reviendraient. On a appris depuis que c’était ouvert toute l’année mais que le site Internet n’avait pas été remis à jour depuis… ouh laaaa belle lurette. Bon.
La deuxième fois, mon père et sa copine les accompagnant en visite chez nous, on a pas oser les emmener là-bas, préférant leur faire faire des visites plus « classiques ». On a appris depuis qu’en fait ça ne les aurait pas dérangés. Bon.
La troisième fois, ils sont arrivés un samedi tard et repartis le mardi matin suivant. Les dimanches et lundis étant les jours de fermeture, on ne pouvait pas y aller. On a appris depuis que le seul jour de fermeture était le lundi. Bon.
Alors, quand ils nous ont rendu visite la semaine dernière, on a bien tout prévu pour pas louper le coche cette fois-ci. On s’est organisé ça pour le mardi après-midi. J’ai posé mon après-midi et j’ai même appelé pour me renseigner et être sûre qu’ils étaient bien ouverts le mardi aprèm. On m’a répondu que oui, mais qu’il y avait environ une heure d’attente et que le mieux serait d’arriver vers 14h30 pour être sûrs de pouvoir entrer avant 16h (fermeture des guichets).
Ce mardi-là, il faisait beau, il faisait chaud, on a mis des vestes légères puis on s’est dirigés après déjeuner vers le métro. Sortie du métro à la station d’enfer Denfert Rochereau. L’entrée des catacombes est juste en face. On aperçoit une petite queue (et non, point de jeu de mot désobligeant aujourd'hui), mais rien d’anormal, le gars m’avait prévenue. Il est 14h30, environ une heure d’attente, c’est bon on est laaaaarge.
On s’approche et commence à longer la foule pour aller s’installer en bout de queue… qui n’en finit pas, n’en finit pas, n’en finit pas, n’en finit pas. On aurait mieux fait de faire le tour du rond-point par l’autre côté, on aurait fait moins de chemin puisque c’est une grosse queue (toujours point de jeu de mot, j'suis pas en forme là !) finalement. On est patients. On est des warriors, on va attendre.
Un employé des catacombes vient nous dire qu’à notre niveau de la queue, il y a environ 2h d’attente. 14h30. Une fermeture des guichets à 16h. Pas besoin d’être bon en math pour voir que ça va être tendu. Mais on est optimistes. Beaucoup plus que ceux juste devant nous qui quittent la file. Voilà, déjà 5 minutes de gagnées.
Loulou suggère quand même de trouver une autre activité parce que bon, là quand même. Mais on veut essayer. On serait dégoûtés de ne pas rentrer, mais encore plus si on s’en allait maintenant en ne sachant jamais si on aurait pu rentrer.
On avance. Mètre par mètre. Petit bout par petit bout. En priant pour que ceux à l’intérieur visitent rapidement pour qu’on ait nous aussi le temps de rentrer.
Et puis arrivent de gros nuages. Bien bien noirs les nuages. Comme avant une grosse averse ou un orage. Ca nous réjouit puisqu’on se dit que s’il pleut, les moins téméraires dans la queue s’en iront et on avancera plus vite. On est des warriors, comme je t’ai dit, donc on tiendra le coup. On se met tous d’accord, s’il pleut, on reste !
Et puis la pluie arrive. Quelques gouttes d’abord. Quelques personnes peu courageuses s’en vont. Puis il pleut de plus en plus fort. Un éclair jaillit dans le ciel, ça s’assombrit encore. Les gens sortent leurs parapluies. On se dit qu’on est quand même trop cons de pas en avoir pris…
Un mec vendait des parapluies à la sauvette. 10€ pièce. Ils étaient à 3€ avant qu’il pleuve…
Et enfin, c’est le déluge. Nan, j’exagère même pas. Il pleut tellement qu’en 3 minutes, on se retrouve trempés de la tête aux pieds. Comme si on venait de prendre une douche tout habillés. Les gens ne s’en vont pas de la queue, mais les mecs de notre côté n’en peuvent plus et veulent rentrer. On essaie d’insister un peu, mais pas moyen, ce sont pas des vrais warriors. Il est 15h, ils veulent pas attendre encore une heure sous cette pluie diluvienne en étant même pas sûrs de pouvoir rentrer en fin de compte.
Alors on y va. Il se met maintenant à grêler. On a la merveilleuse idée d’aller nous abriter tous les quatre sous un arbre… sans feuilles ! Oui, c’est un petit peu l’automne en même temps, c’est normal.
Putain de mascara de merde. Mon maquillage a coulé sous mes yeux. J’ai l’air d’un panda. Parce que je le vaux bien. Tu crois que ça va te faire un méga volume comme les poufs de la pub, alors qu’au final ça te fait que des pâtés au bout des cils et en plus c’est même pas waterproof. Je suis pas prête de racheter un mascara chez l’O****, parce que les 15€, ça les vaut pas bien du tout !
On regagne tant bien que mal la station de métro. Bondée bien évidemment puisque les gens, pas cons (enfin moins que nous en tout cas), attendent bien au chaud à l’intérieur avant de sortir. On est trempés jusqu’aux os, on a qu’une envie, c’est de rentrer se déshabiller pour faire une grosse orgie et boire un thé bien chaud !
L'état du pantalon après 1/2h. La grosse tâche sur ma cuisse, oui oui, c'est bien de l'eau... Ca sèche pas vite !
On s’installe dans le métro où on est tellement bien (comparé à dehors en tout cas) qu’on a presque loupé la station car quand c’est pas le jour, c’est pas le jour. Ma sœur lance un « mais c’est pas là qu’on descend » pendant le bip de fermeture des portes. On se précipite tous les 4 vers la sortie et les portes se referment sur nous. On a juste le temps de se faufiler à l’extérieur.
Même bien préparés, il y a pas moyen, les catacombes ne veulent pas de nous. Le sort s’acharne. Et dire que j’avais posé mon aprèm pour les voir ces satanées catacombes…
Voilà pourquoi je ne visiterai jamais les catacombes de Paris !