Jeune provinciale débarquée à Paris, jeune mariée, jeune débutante dans le monde du travail, jeune écrivain talentueuse (mouais peut-être), mais surtout jeune fille comme il y en a tant d'autres, voici enfin mon espace pour déverser mes humeurs, non sans humour
5 septembre 2011 – Jour 9
Départ pour le Caire. Je te disais la semaine dernière qu’on avait confié notre argent à un jeune Egyptien qui devait nous acheter des billets de bus. Je n’étais guère confiante, tu te doutes, mais les billets promis (et la monnaie) nous ont bien été remis en temps voulu. Grâce au seul Egyptien qui n’ait pas tenté de nous arnaquer, nous sommes allés passer deux jours au Caire pour la modique somme de 18€ aller/retour !
Dans le bus, pas d’autre Français. Pas d’autres étrangers tout simplement. Loulou et moi sommes les deux seuls fadas à vouloir aller au Caire le jour où le procès de Moubarak commence. Car oui, on a choisi pile le jour où débute le procès tant attendu pour nous rendre dans la métropole la plus grande et, à ce moment-là, la plus agitée d’Afrique !
Dans le bus, j’étais en short, comme tous les jours depuis notre arrivée en Egypte. Mais face aux gens qui me dévisageaient et devant certains regards insistants, j’ai capitulé et me suis rapidement changée pour enfiler un pantalon malgré les 42°C à l’ombre.
Voilà un peu à quoi ressemble Le Caire quand on arrive
Nous sommes arrivés au Caire 6 heures plus tard. Bien vivants, même si on ne sait pas trop comment ce miracle est possible. En plus du chauffeur de bus aventureux, les Cairotes ne savent tout simplement pas conduire. Je n’avais jamais vu ça. C’est pire qu’à Paris. C’est pire que sur toutes les autres routes d’Egypte. Je ne pensais pas que c’était possible.
Et même quand on descend du bus pour redevenir piétons, rien n’est moins risqué. Place Tahrir, les gens qui traversent les routes sont tout simplement suicidaires. Faut être complètement ramollo du ciboulot pour vouloir sciemment passer au milieu de toutes ces files de véhicules qui ne s’arrêteront certainement pas pour des piétons.
A ce moment-là, je ne savais pas encore que je n’allais pas avoir le choix et que je serais obligée de faire la même chose pendant les deux prochains jours. Je crois que je n’ai jamais autant prié pour ma vie !
Et au milieu des files de voitures, on tombe parfois sur des chars militaires
Drew, mon ami américain chez qui nous allons passer ces deux jours, nous rejoint et nous emmène manger dans un petit resto égyptien. Malgré l’allure du petit boui-boui, c’est probablement la première fois du séjour qu’on mange typiquement égyptien car je suppose qu’à l’hôtel on nous sert de la bouffe adaptée à nos palais d’Européens. Et figure-toi que c’est drôlement bon. Il nous emmène ensuite boire des jus de fruits frais. Encore une fois, vu l’apparence du magasin, je crains un peu de chopper la turista, mais finalement, on s’en sort comme des chefs sur ce coup là !
Loulou est très souvent pris pour un Egyptien (ou tout du moins pour un maghrébin puisqu’on lui demande parfois s’il vient d’Algérie ou de Tunisie), moi beaucoup moins mais c’est arrivé deux ou trois fois. Malgré tout, ce qui interpelle le plus les gens dans la rue, c’est notre ami Drew qui, non content de mesurer plus de deux mètres de haut, est souvent pris pour un célèbre lutteur irlandais ! Il est d’ailleurs en train de devenir une vraie célébrité là-bas et enchaîne les tournages de pubs, films ou séries, rien que ça ! Zut, j’aurais dû lui demander un autographe.
Tu vois, j'ai l'air vraiment toute petite à côté !
Pour nous rendre à son appart, on doit prendre le métro. A première vue, ça ressemble beaucoup au métro parisien, sauf que mon ami me conseille de couvrir mes épaules avant d’entrer dans le métro. Mon débardeur long à très larges bretelles n’est pas suffisant, une amie à lui s’étant déjà fait cracher dessus. Il me suggère même, si je suis mal à l’aise, de ne pas monter dans la même rame que lui et Loulou et d’emprunter les wagons réservés aux femmes.
Quoi ? Ne pas monter avec eux ? Ils rigolent ou quoi, c’est plutôt d’être séparée d’eux dans cette jungle souterraine où tous les panneaux sont écrits en arabe, langue que je ne comprends pas, qui me mettrait mal à l’aise ! Je monte avec eux. Nous ne sommes que deux femmes dans la rame bondée et même si je ne regarde pas autour de moi, Loulou m’explique que depuis qu’on est au Caire, tout le monde me regarde et me dévisage avec intensité. Je préfère donc faire profil bas, surtout que Le Caire n’a pas spécialement une bonne réputation concernant le harcèlement sexuel des femmes… Et puis bon, je ne suis pas dans mon pays, c’est un peu normal, en tant que touriste, de m’adapter aux différentes coutumes du pays que je visite.
On arrive enfin chez notre ami où l’on assiste à un incessant va-et-vient. Un balai de visiteurs qui entrent et qui sortent de son appartement comme dans un moulin ; certains qu’il ne connaît d’ailleurs pas. C’est très déroutant quand on n’a pas l’habitude !
La petite chambre qu'il nous a prêtée et qui nous a bien dépannés
mais où malgré le ventilateur (qui marchait, on avait de la chance) et la fenêtre grande ouverte
on a à peine pu dormir tellement il faisait chaud
Après nous être un peu reposés, Drew nous embarque pour une visite semi-nocturne du Caire et de Khân-el-Khalili (mot dont j’adore la sonorité), le grand souk situé en plein cœur du Caire islamique. Mais ça c’est toute une autre histoire !
Le Caire vu d'en haut !
A suivre… (la semaine prochaine avec Khân-el-Khalili et peut-être les pyramides si t’es sage) (je sais, j’avais déjà promis les pyramides pour cette semaine) (mais là, mon article est déjà assez long et j’ai pas envie de te bassiner pendant deux heures !)
Le jeudi, on voyage aussi chez :
- Plume de Corbeaux qui nous embarque sous le soleil londonien
Si toi aussi tu veux voyager, rien de plus simple, il suffit d’écrire un article sur le thème du voyage avec la photo du rendez-vous et un lien vers mon blog. N’oublie pas de m’informer que tu participes !
Le thème du voyage est général et ouvert. Il est juste question de s’évader un peu une fois par semaine, sans nécessairement aller au bout du monde. Tu peux aussi bien nous raconter ton dernier week-end en bord de mer, une balade en forêt, ou encore une chanson qui t’a transportée, un livre ou un film qui t’a fait voyager.